Les bons et mauvais côtés de changer de matériel

Depuis quelques années je n’aime plus changer de matériel. Cela implique chez moi un investissement financier et émotionnel. Je parle ici d’émotion car il y a cet ascenseur émotionnel que je trouve particulièrement désagréable. Tout d’abord, j’idéalise ma future pratique en y associant de nouveaux projets, de nouvelles idées. Puis j’ai de plus en plus l’impression qu’il me manque quelque chose et que je me sens étriqué. Cette idée fini par m’obséder jusqu’à en rêver. Je commence finalement à dénigrer mon travail actuel, après tout, il manque quelque chose !

📷 : Nikon FM2n, Voigtlander 40mm f/2, Kodak 400TX+2, Kodak Xtol 1+1, Epson v600

Il est donc temps de changer de matériel !

Une fois cette décision prise, je commence secrètement à culpabiliser. Je m’auto-justifie, j’en parle à Cynthia pour lui expliquer à quel point je serai un meilleur photographe et que cette décision fait parti d’un solide plan ! Vous l’aurez deviné ses réponses ne me suffisent pas donc j’appelle mon pote Jude, photographe lui aussi, pour qu’il me confirme que j’ai fait le bon choix !

Lorsque je reçois mon nouveau joujou, je suis tout excité mais craintif. Et bizarrement, c’est là que tout bascule ! Je commence sévèrement à culpabiliser : était-ce nécessaire de changer ? Ai-je pris la bonne décision ? Saurais-je m’adapter ?

J’arrête donc subitement de photographier, rongé par le doute, je réfléchis à des projets « sérieux » qui méritent d’être abordés avec un tout nouvel angle. Il est vrai que c’est la toute première fois que j’analyse mon comportement lorsque j’envisage de changer de matériel mais ces temps-ci je tente d’être beaucoup plus à mon écoute.

J’ai récemment décidé de changer ma focale de prédilection, le 50mm

Je trouve que cette longue focale m’aide à donner un rendu contemplatif à mes images mais en contre partie, ne me permet pas d’être suffisamment proche de la scène. De plus, j’avais la sensation d’être limité par sa distance de mise au point mise au point proche des 60cm. Aujourd’hui, j’ai envie de plus de proximité, plus d’intimité. Je veux aussi bien rester en arrière que me rapprocher au point de frôler mon sujet. J’ai donc opté pour un 40mm Voigtlander qui me faisait rêver depuis quelques mois. Évidemment, j’ai arrêté la photo pendant quelques semaines, je me suis remis en question et totalement reconsidéré mon achat. Cette fois je ne changeais pas juste de marque ou je n’ajoutais pas un objectif à ma collection mais il s’agissait de remplacer ma façon de voir le monde. Je l’ai vu comme une décision radicale qui pourrait avoir énormément de conséquence sur ma pratique.

📷 : Nikon FM2n, Voigtlander 40mm f/2, Kodak 400TX+2, Kodak Xtol 1+1, Epson v600

Quelles en sont mes conclusions ?

Je suis très heureux d’avoir affronté mes peurs, même si il est bien trop tôt pour connaitre l’impact réel de ce changement sur mon quotidien. C’est quand même fou que de si petites décisions puissent créer de telles angoisses ! Même si je ne suis pas encore à l’aise avec, je me suis amusé à photographier mon quotidien afin de me faire la main. Avec du recul, je pense qu’il est important de sauter le pas si on se sent inconfortable avec son matériel. Il n’y a rien de mal à changer si c’est pour quelque chose que l’on pense qui nous ressemble. Après tout, l’appareil photo n’est qu’un outil permettant de s’exprimer. J’ai finalement fait des photos dont je ne suis pas du tout fier mais qui, sur le moment, exprimaient quelque chose d’important pour moi. Et pour moi, ça c’est le plus important !

Un an après avoir sorti ma vidéo sur mon minimalisme en photographie, je remets mes choix en question. Quand est-ce le bon moment pour changer de matériel ?

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