Vendre des tirages

Le sujet de réflexion d’aujourd’hui m’est venu lors d’une discussion que j’ai eu hier avec un collègue qui vend ses peintures en galerie. Impressionné par son travail, j’ai immédiatement voulu acheter un de mes coups de coeur. Je me suis rendu compte que mon budget ne me le permettrait malheureusement pas. Toutefois, son travail m’a touché et je suis admiratif car il a su trouver la juste valeur pour ses oeuvres. Je me pose donc la question : Combien ça coute réellement de vendre des tirages ?

Vendre des tirages photos
📷 : Nikon FM2n, Nikon 50mm f/1.8 Serie E, Kodak 400TX, Kodak Xtol 1+1, Epson v600

Pourquoi vendre des tirages ?

Je sais au fond de moi que j’aimerais beaucoup vendre des tirages car c’est la finalité du projet. J’en ai déjà vendu mais dans des circonstances particulières. J’avais participé à une exposition solidaire organisée par un collectifs d’artistes de mon entreprise en 2017, les fonds ont été reversé à la Fondation Aldinie qui soutient l’enfance défavorisée à Madagascar. J’ai donc vendu 3 photos de ma série Remettre le futur à deux mains qui a été ma première série dans laquelle j’ai intégré mon travail en argentique.

Concrètement, j’ai donc échappé à la réflexion sur le coût réel des mes images.

Après cette exposition, j’ai ressenti un vide, j’avais perdu mes images fétiches, j’avais clôturé mon projet. D’ailleurs, chaque année je tente de relancer ce projet mais, je me suis fait à l’idée, la boucle est bouclée !

Donc la question est maintenant : À quel prix suis-je prêt à me séparer de mes image ?

La légitimité

Je pense que réfléchir aux prix de mes tirages remet sur la table la question de ma légitimité. À quel point suis-je légitime de vendre ? Quel est le prix de ma démarche artistique ? Ai-je une démarche artistique ?

J’angoisse à l’idée de donner un prix à mes photos, je suppose que j’ai surtout peur de ne pas réussir à les vendre, peur d’avoir surestimé leur valeur.

Je me dis que finalement je ne vends pas du vent, je propose un objet tangible donc je suis normalement légitime à le vendre. Je ne me pose même pas de question lorsque je vends un canapé sur Kijiji/Leboncoin ! Donc cool Raoul !

Comment définir le juste prix ?

Je ne vous cache pas que j’ai passé des jours et des jours à chercher la réponse à cette question. Je m’attendais à trouver une fourchette de prix que le commun des mortels trouverait juste : sans succès !

Cette question sans réponse me laisse donc face à un dilemme : des prix bas et être déçu de ne pas avoir osé demander la vraie valeur du travail que j’ai réalisé ou des prix justes en risquant le jugement de ceux qui ont une estimation inférieure de l’objet .

J’ai donc tenté, aujourd’hui, d’être rationnel : Quel prix j’ai payé pour réaliser cet objet ?

Pour répondre à cette question, j’ai pris en compte toutes les phases de création de mes images. Cela comprend le coût :

  • de la pellicule
  • du papier (ça prend des feuilles d’essai tout ça !)
  • de la location du véhicule pour me rendre sur le lieu de la prise de vue
  • de la location du véhicule pour me rendre au labo
  • du temps passé au développement
  • de la durée de tirage
  • du temps passé à la réalisation des finitions.

Je ne vous cache pas que tant qu’il s’agit de prix de prestataires tout va bien mais lorsque je réfléchis à mes coûts de travail c’est moins évident !

J’ai donc décidé de partir sur une base stable et connue de tous, le SMIC ! Il ne me reste plus qu’à noter le nombre de temps que je passe en chambre blanche et noire et Tigidou ! (j’adore cette expression québécoise !)

À quel prix suis-je prêt à me séparer de mon objet sur lequel j’y ai consacré du temps, de l’amour, du travail ?

Qu’est-ce qu’un prix juste pour vous ?

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